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vendredi 9 janvier 2009

Robet Vaughn, le dernier des 7 mercenaires !


Curieusement, ce western mythique, de 1961, n'est pour moi pas le meilleur de John Sturges, loin de là, je préfère nettement Le dernier train de Gun Hill, avec Kirk Douglas et Anthony Quinn ! Alors pourquoi ce film est-il devenu culte ? Parce que ce fut l'adaptation américaine d'un chef d'oeuvre japonais de Kurosawa, Les 7 samouraïs ? Peut-être ...il y a quelque chose de très judéo-chrétien, dans cette histoire, une quête vers la rédemption, de ces 7 mercenaires, qui pour des motivations purement cupides, à l'origine, vont s'immoler sur l'autel du Bien, pour sauver cette communauté paysanne racketée par des outlwas sans foi ni loi.
Mais plus que la dramaturgie narrative, le coup de génie de Sturges fut le casting du film. Sous la houlette de Yul Brynner, déjà star à Hollywood après avoir tourné Les 10 commandements de Cecil B.deMille, des jeunes premiers promis à un grand avenir vont faire le succès de ce western. Steve Mac Queen sort à peine de la série Au nom de la loi, qui l'a rendu célèbre et commence sa carrière cinématographique, à 31 ans dans le rôle de Vin. James Coburn, comme Mac Queen, n'a quasiment jamais tourné pour le cinéma et vient aussi de la télévision. Physique singulier que ce Coburn là, tout en longueur et en nonchalance, qui fera le bonheur de Leone, un peu plus tard et de Peckinpah. Charles Bronson si il a déjà joué les faire-valoir dans des films comme Vera Cruz, d'Aldrich, en 1955, n'est pas encore le personnage énigmatique au visage buriné qu'il deviendra ensuite. Robert Vaughn, trentenaire comme les autres, a lui, tourné quelques films de série B et contrairement aux autres, mènera une carrière à la télévision, après ce film, comme un agent très spécial. Il retrouvera Mac Queen dans le célèbre Bullitt, quelques années plus tard. A ces 5 là s'adjoint un jeune premier allemand, Horst Buchholz, qui essaie une carrière américaine, après avoir été le petit fiancé de Romy Schneider, dans Monpti et le très costaud Brax Dexter, solide second rôle qui a déjà tourné de nombreux films.
Le génie du casting fut donc d'adjoindre 5 jeunes premiers, peu connus du grand public à deux acteurs confirmés qui allaient faire face à une bande de mexicains dirigée par le futur Tuco, Eli Wallach.
Que reste-t-il des 7 mercenaires aujourd'hui ? Mac Queen est parti le 1er, en 1980, victime d'un cancer généralisé, à 50 ans, Yul Brynner l'a suivi 5 ans plus tard, lui aussi, victime du cancer du poumon. Le grand Coburn est parti en 2002, à l'âge de 74 ans, suivi de peu par Brad Dexter. Charles Bronson, le mythique Harmonica, qui multiplia, par la suite, les rôles de justicier, s'en alla en 2003. Le jeune Chico, Horst Buchholz est parti la même année, il faut voir le très bel hommage que lui a rendu son fils, Christopher, dans un beau documentaire, Mein Papa !
Il ne reste donc plus que Robert Vaughn qui, a 75 ans, ne tourne plus que pour la télévision, le dernier des 7 mercenaires, tout seul face à l'inoxydable Eli Wallach qui vient d'avoir 93 ans !

vendredi 27 avril 2007

La chevauchée fantastique du ...Duke !
















C'est en 1939 que John Ford a relancé la carrière de John Wayne. Le jeune acteur d'origine irlandaise, n'avait tourné que des "serials" depuis La piste des géants, du grand Raoul Walsh, en 1930. La chevauchée fantastique tranche avec la production de l'époque par sa dimension psychologique. Au-délà de la célèbre attaque de la diligence par les indiens, morceau de bravoure cinéphilique, l'opus fordien se caractérise par un huis-clos dans l'espace restreint de la diligence, affrontement sous-jacent entre le Duke et John Carradine. L'excellence des personnages secondaires, je pense au juge alcoolique joué par Thomas Mitchell, donne de l'épaisseur à l'histoire. Et puis il reste la silhouette juvénile de Ringo Kid//John Wayne et la grâce de Claire Trevor... Nous sommes tellement habitués à voir The Duke dans des rôles d'homme mûr, de cow-boy paternel, qu'ici, sa jeunesse étonne ! N'oublions pas, non plus, la fonction du décor, Monument Valley, qui sera la marque de fabrique de John Ford !
Testez vos connaissances sur John Ford en répondant à ce QUIZZ.

Mirez l'extrait de Ringo Kid, arrêtant la diligence :



jeudi 8 février 2007

La horde sauvage, le chef d'oeuvre de Sam Peckinpah !

La horde sauvage fut le point culminant de la carrière de Sam Peckinpah, en 1969. Le réalisateur américain poursuit sa déconstruction du western classique en inversant les rôles. La horde, commandée par William Holden, composée d' Ernest Borgnine, de Warren Oates, acteur fétiche du grand Sam, et de Ben Johnson va devoir échapper à la loi des hommes ! Les poursuivants, sous la houlette de Robert Ryan, travaillant pour l'agence Pinckerton, incarnant la "loi", ne sont, en fait, qu'un ramassis de canailles, cupides jusqu'au trognon, une bande d'ivrognes sans foi ni loi. Paradoxalement, si Peckinpah déconstruit la mythologie de l'Ouest américain, il la réintègre dans les valeurs véhiculées par la horde. Les outlaws ont leur dignité. Si ils sont des bandits, ils préfèrent braver la mort pour venger un de leur camarade, pour le principe, pour cette valeur absolue qu'est l'amitié ! La horde incarne des valeurs guerrières, solidarité, amitié, esprit de sacrifice, alors que la "loi" se déploie dans la canaillerie !
A cette inversion des rôles, Peckinpah va transfigurer cette poursuite en une quête rédemptrice ! Ces hors-la-loi par leur sacrifice, vont se réhabiliter ! La violence, annoncée par la scène introductive, qui voit les deux "hordes" s'affronter, ponctuée par un scorpion déchiqueté par des fourmis (Le thème de l'animalité de la société humaine est toujours présente dans son cinéma !), sera sublimée dans le duel final, entre le quator restant et l'armée mexicaine, dans une ultime bataille, carnagesque !

Mirez la bande-annonce.
Regardez la scène finale, hallucinante !