vendredi 18 juin 2010

Nouveau blog, nouvelle critique.

J'ai décidé d'arrêter les articles sur ce blog, trouvant les fonctionnalités bien trop limitées par rapport à la plateforme overblog. Aussi, je vous convie à des nouvelles critiques de films sur :

http://tietiecinema.over-blog.com

A bientôt.

samedi 30 mai 2009

Tant qu'il y aura des hommes.










Film aux 8 oscars, en 1954, Tant qu'il y aura des hommes confrontent des destins individuels à la grande Histoire. Décembre 1941, à Oahu, la guerre se profile, contre le Japon, et à Pearl Harbor, dans une morne vie de caserne, des individus vivent leur dernier moment de bonheur. Baiser plein de fougue entre Burt Lancaster et Deborah Kerr dans l'écume du Pacifique, sur une plage déserte, passion naissante entre Monty Clift et Dona Reed, deux couples que la guerre va fracasser, puisqu'entre l'amour et le devoir militaire les hommes choisiront la seconde option.
Il restera aussi ce requiem, d'un Monty Clift pleurant son ami Maggio//Sinatra, victime de la bêtise humaine, nostalgique trompette dont les tristes sons annoncent des lendemains funestes.
Réquisitoire contre l'institution militaire, From here to eternity de Fred Zinneman est aussi un regard désenchanté sur la condition humaine, sur la violence des hommes et l'impuissance des femmes, réduites à subir la folie virile et belliqueuse du Premier sexe !
J'entend encore les sons de la trompette Cliftienne ...

vendredi 9 janvier 2009

Robet Vaughn, le dernier des 7 mercenaires !


Curieusement, ce western mythique, de 1961, n'est pour moi pas le meilleur de John Sturges, loin de là, je préfère nettement Le dernier train de Gun Hill, avec Kirk Douglas et Anthony Quinn ! Alors pourquoi ce film est-il devenu culte ? Parce que ce fut l'adaptation américaine d'un chef d'oeuvre japonais de Kurosawa, Les 7 samouraïs ? Peut-être ...il y a quelque chose de très judéo-chrétien, dans cette histoire, une quête vers la rédemption, de ces 7 mercenaires, qui pour des motivations purement cupides, à l'origine, vont s'immoler sur l'autel du Bien, pour sauver cette communauté paysanne racketée par des outlwas sans foi ni loi.
Mais plus que la dramaturgie narrative, le coup de génie de Sturges fut le casting du film. Sous la houlette de Yul Brynner, déjà star à Hollywood après avoir tourné Les 10 commandements de Cecil B.deMille, des jeunes premiers promis à un grand avenir vont faire le succès de ce western. Steve Mac Queen sort à peine de la série Au nom de la loi, qui l'a rendu célèbre et commence sa carrière cinématographique, à 31 ans dans le rôle de Vin. James Coburn, comme Mac Queen, n'a quasiment jamais tourné pour le cinéma et vient aussi de la télévision. Physique singulier que ce Coburn là, tout en longueur et en nonchalance, qui fera le bonheur de Leone, un peu plus tard et de Peckinpah. Charles Bronson si il a déjà joué les faire-valoir dans des films comme Vera Cruz, d'Aldrich, en 1955, n'est pas encore le personnage énigmatique au visage buriné qu'il deviendra ensuite. Robert Vaughn, trentenaire comme les autres, a lui, tourné quelques films de série B et contrairement aux autres, mènera une carrière à la télévision, après ce film, comme un agent très spécial. Il retrouvera Mac Queen dans le célèbre Bullitt, quelques années plus tard. A ces 5 là s'adjoint un jeune premier allemand, Horst Buchholz, qui essaie une carrière américaine, après avoir été le petit fiancé de Romy Schneider, dans Monpti et le très costaud Brax Dexter, solide second rôle qui a déjà tourné de nombreux films.
Le génie du casting fut donc d'adjoindre 5 jeunes premiers, peu connus du grand public à deux acteurs confirmés qui allaient faire face à une bande de mexicains dirigée par le futur Tuco, Eli Wallach.
Que reste-t-il des 7 mercenaires aujourd'hui ? Mac Queen est parti le 1er, en 1980, victime d'un cancer généralisé, à 50 ans, Yul Brynner l'a suivi 5 ans plus tard, lui aussi, victime du cancer du poumon. Le grand Coburn est parti en 2002, à l'âge de 74 ans, suivi de peu par Brad Dexter. Charles Bronson, le mythique Harmonica, qui multiplia, par la suite, les rôles de justicier, s'en alla en 2003. Le jeune Chico, Horst Buchholz est parti la même année, il faut voir le très bel hommage que lui a rendu son fils, Christopher, dans un beau documentaire, Mein Papa !
Il ne reste donc plus que Robert Vaughn qui, a 75 ans, ne tourne plus que pour la télévision, le dernier des 7 mercenaires, tout seul face à l'inoxydable Eli Wallach qui vient d'avoir 93 ans !

jeudi 30 octobre 2008

Angel Heart, à la poursuite de Johnny Favourite !











































Harry Angel, miteux détective new-yorkais, est engagé par un certain Louis Cyphre, joué par Robert de Niro, personnage énigmatique, qui joue de la canne et décortique les oeufs avec une précision chirugicale, avec ses ongles démesurément longs. L'objet de cette entrevue ? Un certain Johnny Favourite, chanteur raté, disparu depuis longtemps, que Cyphre-De Niro tient à retrouver. Peu d'indications sur le bellâtre, Harry Angel-Mickey Rourke devant se mettre à la recherche de l'individu. Univers glauque et poisseux, entre Harlem et les bayous de Louisiane, Coney Island et la Nouvelle-Orléans, Mickey Rourke déambule, incertain, dans un monde peu reluisant, entre médecin morphinomane, diseuse de bonne aventure, prêtresse vaudou, éleveur de porcs de l'Amérique profonde, entre rêve et réalité, dans une luminosité crépusculaire, à la recherche de Johnny Favourite.
Enquête et quête identitaire qui fait de ce polar humide, parsemé de cadavres, à la limite du fantastique, le meilleur film de Mickey Rourke et peut-être d'Alan Parker !
Avant de regarder la bande annonce du film, testez-vous sur la carrière de Mickey Rourke en répondant à ce QUIZZ.



dimanche 28 septembre 2008

Paul Newman s'en est allé.



Paul Newman faisait partie de cette génération née à l'ombre de Lee Strasberg, à l'Actor's Studio, avec Marlon Brando et James Dean qui a révolutionné l'interprétation cinématographique. Moins déjanté que ses deux collègues, Paul va surtout exceller, au début, dans des rôles de "rebelles", que ça soit Marqué par la haine, de Robert Wise, en 1956, film qui l'a fait connaître du grand public, ou le Gaucher, d'Arthur Penn, deux ans plus tard. Le jeune chien fou au physique de gendre idéal va alors être consacré, la même année, par son duo avec Elisabeth Taylor, dans Une chatte sur un toit brûlant, passant du statut de jeune prometteur à la star confirmé. Personnellement, je connais mal ce premier Newman qui a marqué mes aînés, certainement parceque dans les années 70, période de mon éveil cinématographique, peu de films de l'acteur passaient à la télévision.
Le Newman qui m'a marqué, c'est plutôt l'indien hiératique de Hombre, le magnifique western de Martin Ritt en 1966, c'est Luke la main froide (1967), prisonnier facétieux et entêté qui rêvait de liberté, c'est Butch Cassidy faisant un tour de vélo avec Katharine Ross ou Henry Gondorff qui arnaquait, avec son compère Redford, Robert Shaw, un boss mafieux, joueur de Poker, sans oublier le beau Piège de John Huston avec l'énigmatique Dominique Sanda et l'inquiétant James Mason dans la lande brumeuse des Highlands, jusqu'à cette fameuse Tour infernale, ou Newman l'architecte croisait McQueen, le pompier. Bref, c'est ce deuxième Newman qui a fait sens, pour moi, de 1966 à 1975, décennie qui se terminait par un de mes films préférés avec l'acteur, La toile d'araignée , de son compère et ami, Stuart Rosenberg, avec Joanne Woodward et la jeune Mélanie Griffith, nymphomane aguicheuse de "vieux", dans lequel Newman jouait le rôle d'un Privé désanchanté aux prises avec un "tycoon" dans les bayous humides et nauséabonds de Louisiane.
Depuis lors, je n'ai plus trop suivi la carrière de l'acteur, même si la Couleur de l'argent, où il chapeautait un certain Tom Cruise sous la direction de Scorsese, clin d'oeil à L'Arnaqueur, de Robert Rossen qu'il avait fait 26 ans plus tôt, lui valut un Oscar du Meilleur Acteur, en 1987. Le Newman que j'ai aimé, c'était celui de la quarantaine, dans la force de l'âge, le cuir tanné et le verbe désanchanté, entre un jeune premier que je n'ai guère connu et un vieil acteur qui me semblait plus concerné par sa vinaigrette et ses courses de voiture que par le cinéma.
Il me restera l'image de John Russell, métis misanthrope de Hombre, désanchanté par le monde des hommes, figure christique qui se sacrifiera pour un monde meilleur.
Avant de mirer cet extrait où Paul Newman et James Dean se rendent la pareille, répondez à ce QUIZZ sur l'acteur américain.

dimanche 17 août 2008

The Dark Knight of Times Square.


Times Square, le quartier du Temps, éclairé, la nuit, par les innombrables écrans LCD qui illuminent les buildings, temple de la nouvelle économie numérique, du show permanent, du consumérisme effréné, stupéfie les européens que nous sommes. L'image du Joker, intraitable adversaire de Batman, nous toisait de sa figure grimée.
Batman, que nous avons eu la chance de voir, dans la salle du Lincoln Center, sur Broadway, dans une salle de 8 étages, équipée de la technologie IMAX. Nous avons du réserver les places 5 jours avant, car tout était complet. Le film vaut surtout pour la prestation incroyable du Joker, magnifiquement interprété par le regretté Heath Ledger, avec quelques superbes panoramas, en prime, notamment lorsque la chauve-souris survole la baie de Hong-Kong.
L'acteur nous a quitté prématurément, mais l'esprit du Joker rôde toujours sur Times Square, un gage d'immortalité !


jeudi 12 juin 2008

Ciao, Dino !


Le 7 juin 2008, la nouvelle est tombée, abrupte, Dino Risi, le maestro de la comédie italienne venait de rendre l'âme, à Rome, à l'âge de 91 ans ! Dino le magnifique, classieux et charmeur, archétype du cinéaste qui savait traiter des sujets tragiques avec une légèreté toute italienne, le Lubitsch transalpin, qui n'a, certes, jamais eu le prestige d'un Visconti ou d'un Antonioni, s'en est allé rejoindre son acteur fétiche au paradis des saltimbanques ! Car le nom de Vittorio Gassman , disparu, 8 ans plus tôt, restera indissociablement lié au réalisateur à la crinière léonine !
Des Monstres, où Risi portraitisait férocement, déjà, le futur homo consumeris, plus attaché à sa télévision qu'à sa femme, au Fanfaron, avec le duo Gassman//Trintignant, révélateur de l'Italie des années 60, qui se transformait dans le sillage de la célèbre Lancia Aurelia, Dino se fit le témoin des évolutions de l'Italie d'après-guerre.
Ce forcené des tournages, qui tournait plus vite que son ombre, ce jouisseur hédoniste, qui fit les 400 coups avec le beau Vittorio, continua dans la veine satirique, en démontant les faiblesses de ses congénères, tout en devenant plus grave et mélancolique, dans la magnifique Parfum de femme, où il filmait la déchéance d'un bel homme devenu aveugle, ou les relations ambigües entre un "tycoon", joué par un Gassman matamore, et son fils, aspiré par l'ultra-gauche des années de plomb !
Derrière la légèreté apparente de ses films, Risi, comme Lubitsch, pouvait se montrer féroce ! Sa Marche sur Rome, ballade picaresque autour d' une bande de bras cassés, de poltrons, de bouffons grotesques qui se fourvoyaient, par cupidité et bêtise, dans un fascisme ridicule, s'inspirait ouvertement de To be or not to be, l'opus lubitschien qui raillait le nazisme, macabre galimatias véhiculé par des bénêts tristement loufoques !
J'aimais cette distance rilleuse, cette élégance bouffonne, qui caractérisait les films de l'italien, à l'opposé de la gravité parfois pompeuse d'un Antonioni ou du faste viscontien. Deux de ses derniers films résument bien la double dimension risienne. Fantôme d'amour, un des derniers longs métrages de Romy Schneider, variation mélancolique sur l'amour et Le fou de guerre, avec Coluche, pur moment de délire qui rappelait ses comédies des années 60 !
Il me restera, de ce grand cinéaste, cet interview désabusé, dans les Bonus du dvd du Fanfaron, où Risi, proche des 90 ans, parlait avec sensibilité et mélancolie de Vittorio Gassman, son compère de toujours, désormais disparu. Le maestro eut alors cette phrase poignante :
"J'ai réussi ma vie, mais raté ma mort !"

Ciao, Maestro !
Je ne peux m'empêcher de repasser un extrait du Fanfaron, un de mes films préférés !